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    La Mariensäule (Germany - Cold War) Empty La Mariensäule (Germany - Cold War)

    Message par Seawulf Mar 29 Juin - 7:11

    « Bien aimée qui ne vient pas en plein jour
    Ne viendra jamais après minuit » Orhan Veli
     
     
    Dans les halos de brumes crépusculaires
    la rosée polyphonique bruisse d’alacrité
    sur les hauteurs de Feyen.
     
    Déjà, mon corps ne m’appartient plus
    et mes yeux aveugles et fiévreux
    ignorent le ruban d’acier, la Moselle
    tout autant que la Porta Nigra
    ou la Palastaula romaine,  ombres lunaires.
     
    Seul un bleu profond, monochrome
    habille Trèves d’un ciel à la transparence solide
    anthropométrie murale franchissable
    sorte d’au-delà, à la cosmogonie éphémère.
     
    Et mes pas invisibles me guident
    vers l’alcôve innommée aux yeux satinés
    où je vais me perdre dans une autre vie
    monde à part, en plein cœur de l’existant !
     
    Corps à cœur détricoté, dévêtu de tout
    sauf de l’envie effrénée d’aimer follement
    un ange-démon aux mains tentacules
    vampire des sens à la quiétude enjuponnée.
     
    Ni carnassière, ni dévoreuse
    Elle s’aime, elle s’offre, elle aime !
    Corps diaphane cicatrisé à l’amour.
     
    C’est comme un rendez-vous inattendu
    une rencontre improbable et énigmatique !
     « Etrangers », drapés dans une toile d’araignée
    aux fils ténus tissés d’or et d’argent
    balbutiants des mots de couleurs vives
    tintinnabulants au souffle encré d’Ouranos
    électrisant la porte de l’inconnue.
     
    Et par la fenêtre j’entrevoie au loin
    entre les lames du store, la statue de Mariensäule
    stoïque, figée dans un étonnement biblique.
     
    Humer le sol ! la matière, avoir froid…
    voilà ce à quoi j’aspire profondément
    lorsque je meurs dans la nuit iridescente
    lorsque je ressuscite à l’aube des cauchemars
    recouvert d’un voile lactescent
    épousant un visage de cire
    éloigné de nos corps intranquilles.
     
    Au dehors, je crois deviner tout à l’horizon
    qu’une larme de pierre coule lentement
    et qu’un ventre emmuré marque un léger spasme.
     
    Silence marin au plat de terre
    verbalisation mise entre parenthèse
    l’indicible suinte. Et je vais étreindre mon rêve.
     
    Désenlacée, ma muse au visage d’immaculée
    dénudée de nudité sans impudeur aucune
    Joconde au regard enfiévré !
     
    Lorsque les yeux décryptent le vécu
    de leurs yeux vus
    et qu’il ne reste rien
    qu’un immense soleil de feu
    venu consumer quelques rêves inachevés
    alors, il nous faut mettre les lunettes noires
    et arborer notre plus beau sourire.
     
    La vie n’a d’autre souci
    que celui d’exister
    et la mort n’a d’autre préoccupation
    que celle d’effacer
    entre l’un et l’une, demeure l’ombre.
     
    Il est minuit une, aujourd’hui s’écrira après demain
    et je m'apaise encordé à une harpe étoilée,
    ce soir, Du bist die Liebe meines Lebens ! (Tu es l’amour de ma vie)
    Seawulf
    Seawulf

    Messages : 64
    Date d'inscription : 20/03/2021

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