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Les aleurodes s’émancipent…(éco-anxiété)

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19102023

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Les aleurodes s’émancipent…(éco-anxiété) Empty Les aleurodes s’émancipent…(éco-anxiété)




« La voix claire d’aucun ennui » Mallarmé
 
I/
À l’orée du bois, la rosée emperle l’herbe rase de petits cristaux brillants, joli tapis endiamanté. Pour autant, ce n’est pas la place Vendôme. Ici le luxe ne s’étale pas, il resplendit. Comme cette matinale où l’astre s’élève doucement, caresses soyeuses et tièdes, un régal de bien-être. Éclats et lueur de joie, le jour s’immisce dans le champ bleuté de choucas, chansonnette prometteuse… chant de l’âme, les sensations d’enfance renaissent, et les fougères et les genêts redeviennent un havre de paix, sur un sol pentu, à l’abri des paroles froissées et des regards affadis. Et là, sans hâte, la vie gazouille.
 
II/
S’en aller de pas en pas au cœur sylvestre, peau nature, expirer les soucis, s’envoler, suivre les bruissements au monde vivant des lieux isolés, écrins de beauté, s’offrir à la vie, bonheur simple d’un chemin menant quelque part, aventure entre lui et moi, papillons remuants, cœurs palpitants, les idées s’éveillent comme une nouvelle promesse. Au cœur fertile des feuillus, sommières et laies slaloment près d’anciennes baraques de charbonniers, côtoyant ici et là, les chênaies et hêtraies au sol limoneux, qui paisiblement s’épanouissent selon le bassin versant, plutôt ensoleillé et lumineux ou plus sombre et mystérieux. Et les nuits de pleine lune, les ombres de cervidés s’entrecroisent et des feuillages aux croissants d’argent s’ébrouent.
 
III/
Nous marchons, probablement sans le savoir, l’un vers l’autre sur des routes égarées en quête d’un carrefour étoilé de mots entendus, désormais, il y a bien longtemps, perdus de vue depuis, au parapluie caché des chants de désamours. Les choses s’apaisent au silence de reviviscences singulières, comme peuvent l’être quelques notes de Pink Floyd - Shine On You Crazy Diamonds - attachées à un lieu inoubliable…  Et le temps déroule à rebours son agenda, remontant lointainement, vers une source captivante, creuset d’un bonheur partagé intensément, immensément, envisagé durablement ! La marée est forte et s’est retirée, très loin du trait de côte, au-delà des terres de vie.
 
IV/
Le monde ne chante plus, prisonnier d’affres purulentes : noire fumée, orange toxique, mots gluants, corps violents, rodent les morts, réseaux sociaux, asociaux, soufre porno, vie asexuelle, espoirs anamorphosés végétalisés à l’urbanisme pieuvre, montagne de déchets, mobilité douce epsilonesque comme les je t’aime soi-disant trop romantiques entendus ici ou là, le monde s’enivre d’ivresse fatale ! Il a la gueule de bois, forêts dévégétalisées, ronciers chatoyants, les arbres tombent dans la fosse commune de l’humanité déboussolée climato noyée… la mer monte. Et « l’homme libre » qui la chérissait s’est replié sans enfants…
 
V/
Notre monde est-il seulement nôtre, ce vieux cacique qui en a vu d’autres, les dinosaures, les croisades, les guerres intestines, d’occupation, de libération, d’extinction. Entre ces évènements, une paix fragile, humanoïdes au vortex métavers, une faune et flore rapetissée, des questions sans réponses, des réponses sans question, faut dire comme le clamait Jacques Brel « chez ces gens-là, on n’cause pas… on compte ». Et pour tout le reste, on imagine l’imaginable et plus encore, et puis, il y a les pleurs qui s’ensuivent, des larmes de rires insonores.
 
 
VI/
On compte quoi ? Des morts de faim, de crises violentes, de pollution, de burn-out, d’inespérance. Croissance, décroissance, voyages à l’autre bout de soi, du monde, des autres, vouloir échapper à quoi, à qui, comment ?  Chercher l’introuvable firmament, solutionner le riche ennui, golfe universel, absolution dystopique ? Je parle à haute voix, seul au cœur des monts et combes, sinueuse voie pédestre veloutée, déglobalisée, démondialisée, les arguments tombent, les écorces se fendillent à force d’arguties expertes : le camembert, sorte de tiers lieux graphique, s’étale platement ! Il coule… hélas, sans caractère.
 
VII/
L’horoscope ne dit pas tout, les personnalités politiques non plus. Échanges difficiles : populisme, complotisme, idéologie, mélange des genres entre complaisance et bienveillance, clientélisme électoral, frontière indiscernable compostée de mots emprisonnés (opinion publique oblige !). Mais les affaires restent les affaires, et le temps de l’argent qui n’attend pas ! L’homme et son job s’assèchent pour ceux qui jouent l’inflation boursière ! Peu importe avec quoi, avec qui.  Chantres des fossiles et autres ressources, des ingrédients industriels de tous poils, ils investissent. Une seule question : comment démazouter les esprits carbonés ? Serpent de mer, marronnier, marotte, ils disent, ils disent, mais quoi au juste, que l’on vit plus longtemps ! Pas si sûr demain.
 
 
VIII/
Les aleurodes s’émancipent au soleil trop fort. Elles partagent l’espace avec les Kalanchoés qui s’étiolent, cramoisies. Le photopériodisme est perturbé. À l’instar des endocriniens pour les humains. Le monde s’enkyste. À l’affiche ce soir, le monde d’après … une fois n’est pas coutume ! La critique s’emballe (audimat à soigner), des superlatifs à ne plus savoir qu’en faire : exceptionnel, une première, à ne pas louper, un chef-d’œuvre, incontournable, unique, jamais vu, très actuel… Le JT est toujours aussi sombre. La météo disséquée en degrés perturbés. 
 
À la vue du programme, ma chérie me glisse à l’oreille, je t’attends dans la chambre ? Une femme libérée, spirituelle et perspicace. J’adore.
 

Faire du peau à peau, comme un nouveau-né, voilà une chaleur régénérante. Vive la vie avec toi qui me suis et que j’aime au fond de moi, comme une histoire qui n’en finit pas, fil d’Ariane aimanté d’amour aux signes immortels, malgré les aléas déconjugués.
Seawulf
Seawulf

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