BALADE EN PROÉSIE
Bienvenue à vous qui passez par ici. Faites y une halte, prenez le temps et si "Balade en proésie" vous parle, installez vous et créez des mots passeurs de vie. Belle journée à vous.
Seawulf (Yves)

Rejoignez le forum, c’est rapide et facile

BALADE EN PROÉSIE
Bienvenue à vous qui passez par ici. Faites y une halte, prenez le temps et si "Balade en proésie" vous parle, installez vous et créez des mots passeurs de vie. Belle journée à vous.
Seawulf (Yves)
BALADE EN PROÉSIE
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Rechercher
 
 

Résultats par :
 

 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
» Paladiner
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyMar 30 Aoû - 18:10 par Seawulf

» Anthologie (1992-2005) de Mahmoud Darwich
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyMar 30 Aoû - 15:06 par Seawulf

» Blanc soleil
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyMar 7 Juin - 8:44 par Seawulf

» Chercher la lumière d'entre les nuages
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyLun 6 Juin - 18:11 par Seawulf

» Hommes d’ailleurs
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyDim 8 Mai - 18:33 par Seawulf

» Tu flânais à contre-jour...
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyVen 15 Avr - 18:33 par Seawulf

» Cascade
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyVen 15 Avr - 16:59 par Seawulf

» Mots
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyMar 12 Avr - 19:09 par Seawulf

» L'unique réponse de Jean-Marc Sourdillon
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyLun 4 Avr - 16:34 par Seawulf

» En attendant
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptySam 26 Fév - 8:27 par Seawulf

» Le sens de la visite de Michel Deguy
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyLun 21 Fév - 8:37 par Seawulf

» Les âmes sont vides…
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptySam 19 Fév - 9:04 par Seawulf

» Les nourritures terrestres de André Gide
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyLun 24 Jan - 11:01 par Seawulf

» Midnight blue
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyMar 18 Jan - 8:18 par Seawulf

» Nuit-amant
Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  EmptyLun 17 Jan - 13:40 par Seawulf

Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq

Aller en bas

Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq  Empty Prose pour l'étrangère et Carnets de grand chemin de Julien Cracq

Message par Seawulf Mar 4 Jan - 16:33

Extraits

Prose pour l’étrangère

J'ai respiré ton air acide, je suis entré dans ta saison hasardeuse comme un voyageur qui reconnaît les routes à l'heure imprudente où tout craque encore dans la montagne d'avril tigrée de jacinthes et d'avalanches. Tu m'as giflé de ton printemps sans tiédeur, tu m'as ameubli de ton sourire enfondu de perce-neige, tu traverses ma prévoyance comme la fleur désastreuse épanouie aux doigts mêmes des saints de glace. J'aime ton visage qui brouille les repères du cœur et les saisons de la tendresse — ton visage en désarroi, plus frais, plus emmêlé, plus trouble que les chantiers bousculés du dégel, pareil à la mue du ciel de juin et à l'alpage qui boit sa neige — ton front buté de voleuse de cerises, et ta bouche court bridée de jeune épouse — ton rire qui secoue toute la neige des jardins de mai, et ta voix sombrée de parterre nocturne — et, comme un creux d'eau de glacier au bord d'une joue de prairie neuve, le bleu durci de tes yeux de pensionnaire qui saute le mur du couvent.

Carnets de grand chemin

(…) Non plus le noyer grêle aux feuilles claires, mais le châtaignier vert sombre, piqué de rosettes d’un vert plus jaune, dont l’ombrage est si lourd, et le massif de feuillage si compact. Et, de toutes parts, gardés par ces hautes tours vertes, s’étalent non plus les chaumes secs et les éteules roussies du Poitou, mais de profonds étangs d’herbe, enclos entre les berges des haies, chambres de verdure secrètes qui s’imbriquent et s’entr’ouvrent indéfiniment l’une sur l’autre, pelucheuses, moelleuses, encourtinées, et d’où l’haleine des plantes confinées déferle sur la route aussi intime et entêtante que la touffeur d’une alcôve. Ce n’est pas la forêt, clairement délimitée, avec l’aplomb de sa muraille nette et l’avalement brutal, en coup de vent, de la route par sa haute tranchée noire – ce n’est pas le bocage aux haies de ronciers plus épaisses et plus maigres – c’est un enfièvrement congestif du monde des plantes, qui monte, gonfle et s’amasse peu à peu des deux côtés de la route comme un orage vert. Les branches s’avancent au-dessus de la chaussée et y dégorgent lentement, goutte à goutte, l’eau lourde de la dernière averse : au-dessous d’elles, le long des bas-côtés où s’épaissit l’herbe vorace, les paravents des haies ferment toute issue au regard ; le bourrelet tremblant des fougères vient onduler jusqu’à l’asphalte. (…)
Seawulf
Seawulf

Messages : 100
Date d'inscription : 20/03/2021

Voir le profil de l'utilisateur https://www.seawulf-proesie.com/

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum