BALADE EN PROÉSIE
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Seawulf (Yves)

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Message par Seawulf Lun 13 Sep - 16:54

«Tous les mots
tous les sourires
sont des masques
 
Sauf mes mots
sauf mes sourires pour toi. » (Maram al-Masri)
 
Épaules invisibles et douces, je les caresse dans mes rêves les plus fous aux portes de l’évanescence. Des étoiles parfumées me prennent par la main. Fragrances inoubliables qui me suivent, me poursuivent, m’enivrent toujours aujourd’hui. J’use mes pas sur les trottoirs que nous avons fréquentés. Les affiches se parent de couleurs vives, design minimaliste, « I dream forever », avec des slogans « démasqués » qui tentent l’esprit, au cœur de la morosité ambiante. Mais ce soir je les snobs. L’esprit et l’âme c’était toi. Le business et le marketing n’avaient pas de place. Il est minuit, je songe à ce qu’aurait pu être notre Nous. Peut-être aurait-il fallu un mot de plus ou un mot de moins, une intonation plus fragile, un sourire plus franc ou une esquisse moins timide, dont on devine immédiatement la profondeur ; bref, un geste plus accueillant, des mains plus dansantes, des arabesques qui chantent la vie ! Les femmes aiment rire. Enfin, une de ces choses que l’on n’apprend pas à l’école ni nulle part ailleurs, en dehors de la vie sans doute, et encore, selon la vie vécue. Il est des jours, il est des nuits, où le souvenir se ravive. Ces instants impalpables et qui finalement ont décidé à notre place, plus ou moins, inconsciemment. On parle de hasard, de destin, de chance ou de providence. Mais après coup, on se torture l’esprit, on doute. Puis le temps fait le reste. On se ressaisit. Il est si dur de se déjuger, même lorsque cela joue contre soi.
 
Alors, on s’enhardit à penser que c’était comme ça. Qu’il y avait sûrement une raison. On la cherche en vain ! Les faits sont têtus. Un amour « de passage » reste un moment d’amour. Il laisse des traces, parfois profondes. Pas de cicatrices visibles, pas de pansements. Rien. Juste cette sensation d’un inapaisement infréquentable qui titille nos pensées à certains moments.  Alors on se dit, que peut-être il y avait un sentier, un chemin, voire un horizon, large, dégagé ouvert à l’infini. Peut-être que les mots seraient advenus – je veux dire les bons mots. Et les sourires auraient suivi. Et même des gestes empathiques seraient venus à la rescousse, peut-être. Mon Dieu, qu’il est difficile d’être soi-même dans cet univers pressé et « performeur ». Et le temps s’écoule, il passe le sablier, il est même, hélas, déjà loin ! Ce temps où les possibles étaient présents, à portée de mains. Je garde en mémoire, l’histoire d’une rencontre éphémère, un soir d’été, parfumé de lilas, non loin de l’immensité océane. Et depuis, je murmure des choses inédites, parfois inattendues, enfouies au tréfonds de ma chair, face à la mer. Il n’y a plus de bouteille à jeter. Juste des mots de brise légère qui parcourent le monde. Je ne suis plus tout à fait seul, une larme m’accompagne !
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