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    Message par Seawulf Lun 12 Juil - 12:54

    ” Saurai-je un jour pourquoi c’est en tellement de mots que je n’ai rien dit ” Alain Borne
                                                                                            
     
    Des pages et des pages de mots, qui feuille à feuille s’effeuillent, toutes noircies de crayon de bois, de stylo plume ; elles attendent l’ultime instant de crocher d’autres mots. Des mots aux sonorités bigarrées, des mots qui rechignent, des mots qui invitent d’autres mots, à former un grand train ! Wagons de mots voyageurs pour un quatrain, un récit, une fiction, un rendez-vous, un silence.  
     
    La mine de plomb glisse et godille, s’échine à amadouer la pelure de papier revêche ! Le stylo file le trait à l’encre absorbée, éclaboussée de veinules minuscules. Insatiables, les lettres avancent, et bien que nomades, se fixent. Alors, les méandres deviennent calligraphie et les affixes s’éveillent. Et tandis qu’un mot jette les amarres, un autre laisse plonger l’ancre !
     
    Et sur le tout petit carnet, blanchi d’un soleil laiteux, se figent les traits invisibles de ton visage à l’absence lointaine. Et tous ces mots mis bout à bout, ravivent l’éternelle présence aux contours chaleureux, si tiède de vie, ô vertige !
     
    Des mots, oui, rien que des mots, mais que ferait-on sans eux. Ne saurions-nous pas un peu aveugles et sourds aux barcaroles de l’amour. Et je crois, tout au fond de moi, qu’aucune acédie n’entravera le lien, quand bien même, un mot chasserait l’autre, je sais qu’il en resterait toujours un, pour te faire la cour et t’enlacer au dernier tour de l’avant dernier mot ! 
     
    Ne vois-tu pas comme l’insignifiant arrive à se loger là où le cœur erre ? Vois ces pages, confettis de vie, prolonger le temps, et tour à tour flâner. Vois ces quelques notes portées par quelques mots, ensemble s’aliter. Et vois enfin, combien il est bon de taire parfois les mots et leurs mystères !
     
    Viens, donne-moi la main ! Dans la nuit des peupliers, frangée de rosée vespérale au sang coquelicot, nous irons les corps chauds, habillés de lune, défroisser les rêves alanguis et parfumer demain, de "peut-être" ineffables.
    Seawulf
    Seawulf

    Messages : 64
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