BALADE EN PROÉSIE


Rejoignez le forum, c’est rapide et facile

BALADE EN PROÉSIE
BALADE EN PROÉSIE
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Rechercher
 
 

Résultats par :
 

 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
» Derrière la fenêtre
Vol sans retour EmptyMer 16 Juin - 8:43 par Seawulf

» C’était mon compagnon
Vol sans retour EmptyLun 14 Juin - 17:22 par Glad

» Dans les limbes…
Vol sans retour EmptyLun 14 Juin - 17:15 par Glad

» Folle transgression
Vol sans retour EmptyJeu 3 Juin - 8:24 par Seawulf

» Je ne sais…
Vol sans retour EmptyJeu 3 Juin - 8:16 par Seawulf

» Variations naturelles
Vol sans retour EmptyJeu 3 Juin - 7:37 par Seawulf

» Enclore la quiétude
Vol sans retour EmptyJeu 27 Mai - 16:06 par Seawulf

» De l'Espérance d’Amour
Vol sans retour EmptyLun 24 Mai - 20:03 par Seawulf

» Ces choses-là… (Afghanistan War)
Vol sans retour EmptyLun 24 Mai - 19:24 par Seawulf

Qui est en ligne ?
Il y a en tout 1 utilisateur en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 1 Invité

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 41 le Mer 7 Avr - 10:42
NEWS

    Pas d'annonces disponibles.

    Vol sans retour

    Aller en bas

    Vol sans retour Empty Vol sans retour

    Message par Seawulf Mar 4 Mai - 11:43

    « Le suicide de l’âme, c’est de penser mal » V. Hugo
     
    Tu perds pied un peu comme un oiseau volerait à contre vent. Une pluie de sable mouvant invisible s’abat, dans laquelle tu foules l'instable, cherches le dur et ne trouves que le mou. L'instable est silencieux, comme une maladie secrète, perfide, enfouie dans les chairs, au fin fond de ton cortex. La musique, les mots, la souffrance, tout se mélange en symphonie métal, guitares hurlantes et voix cristallines. Tu n’as plus de rêves, juste quelques cauchemars, que tu balais d’un revers de main, maladroitement. Tes mots sont des onomatopées disgracieuses, vocabulaire méphitique au cœur schizophrène.
     
    Tu fais l'amour avec des rêves chimériques. Tu baises et chosifie tes conquêtes. Tu dis des paroles encombrées de malignités, sauvagement brutes. Et parfois, oui, parfois, tu es monsieur tout le monde... Tu perds de l’altitude. L’altimètre est fébrile. Pas de sueur. La technologie reste froide en toutes circonstances. Le tachymètre indique une vitesse fixe. Tu vois les compteurs, les chiffres, les aiguilles. Mais tu ne regardes pas. La fuite en avant opère. Tu pilotes le zing aveuglement. La descente se poursuit irrémédiablement, de manière presque lancinante. Du cockpit, tu n’aperçois pas les striures gracieuses d’un ciel d’été. Pas plus que l’aigle en contrebas, un peu plus loin, dont les orbes de grandes ampleurs, visent à se saisir de sa proie. Ton regard est ailleurs, toujours emporté, absent. La beauté ne t’émeut plus. Tes émotions, parlons-en, tu les barricades, cadenassées à double tour, depuis si longtemps. Le paysage se dessine davantage. Le modelé du relief laisse entrevoir des robines couleur de deuil. Des mouvements de vie sont perceptibles, ici ou là, certes fugaces. En bas, la vie s’enveloppe de douceur, de fierté, de tracas et d’espoir. Une petite trace d’un blanc immaculé, peut-être une mariée. Tes mains sont toujours rivées aux commandes. Le fuselage glisse dans la volupté de l’air, sans à-coups, sans décrochage. On dirait un ange qui passe.
     
    Tes muscles se détendent à l'approche de l’objectif. Bien évidemment, il ne figure sur aucun plan de vol. Juste dans ta tête. Mais il est là, accroché comme un pou, à tes neurones. Pas de flash, pas un regret, pas d'hésitation. Le cap ne vacille pas. Dans le compartiment des voyageurs, la plupart des enfants se sont assoupis. Ils ne verront pas ! Le noir s'installera pour l'éternité en une fraction de seconde, à grande vitesse, plus près des étoiles. Tant de vies ordinaires accrochées à un fauteuil avec billet sans retour. Impact, la montagne s’est à peine effritée. Mon Dieu ! Deux mots qui viennent spontanément. Croyants, pas croyants, il n’y a aucun lien. Juste de la sidération. Il n’y a plus rien à faire pour ces vies arrachées, éparpillées, minuscules cellules sur l'adret rocheux, fracassées là, face soleil, lumières éthérées, pour un jour à jamais sombre. De longues vies aux petits bonheurs insignifiants parsemés de je t’aime, s’en sont allées vers un ailleurs inaccessible. Le silence s’est installé durablement dans ce lieu carte postale. La vie continue. Reste encore des mots, des photos, quelques bougies, des prières et puis, et puis surtout, ce silence, profond et inconsolable de l’absence.
     

    Ce soir, lorsque tu m’ouvriras la porte, je t’offrirai mes bras, pour l’éternité.
    Seawulf
    Seawulf

    Messages : 54
    Date d'inscription : 20/03/2021

    Voir le profil de l'utilisateur https://www.seawulf-proesie.com/

    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut

    - Sujets similaires

     
    Permission de ce forum:
    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum